Metz Meeting

Article de Stéphane Etienne sur l'intervention de Joël de Rosnay lors du "Metz Meeting : l'avenir se lève à l'Est" publié dans le Luxemburger Wort - 2 décembre 2014


Metz Meeting: l’innovation passe par la multidisciplinarité


Penser l'avenir différemment


La Grande Région peut-elle devenir un leader industriel ou technologique ?


Ce mardi 2 décembre 2014 avait lieu au Centre des congrès de Metz la première édition de Metz Meeting. Intitulé «L’Avenir se lève à l’Est», ce premier rendez-vous des acteurs de l’innovation en Grande Région avait invité comme grand témoin Joël de Rosnay. Pour le célèbre scientifique français,l’innovation ou plutôt les systèmes innovants ne peuvent émerger que par les rencontres et les contacts entre disciplines différentes.

Le temps d’une matinée, entre-preneurs, chercheurs, enseignants, financiers et personnalités politiques ont échangé leurs idées et partagé leurs expériences devant un public nombreux. Animés par le journaliste Emmanuel Kessler, chef du Pôle Economie sur la chaîne d’information en continu LCI du groupe TF1, les débats ont porté sur trois thèmes: apprendre et entreprendre différemment, penser et bâtir l’avenir différemment, inventer et réinventer. De toutes ces discussions, il en est ressorti que la Grande Région ne pourra devenir à terme un leader industriel, technologique, énergétique et numérique exemplaire que si elle continue à enrichir ses réseaux et multiplie les lieux de rencontre et d’échange.

Interconnecter les innovations entre elles Invité à s’exprimer pour compléter ces débats, Joël de Rosnay a largement approuvé ces conclusions. Selon lui,il ne faudrait d’ailleurs pas parler d’innovation, mais plutôt de systèmes innovants, c’est à dire des innovations interconnectées entre elles qui conduisent à des ruptures technologiques au sein de la société. «Internet, par exemple, n’est pas une innovation en soi. Ce qui le rend innovant, c’est la globalité du système fait à la fois de réseaux de communication, d’ordinateurs interconnectés par un protocole de transmission de données, de messageries électroniques, de moteurs de recherche et de réseaux sociaux. De plus, bien souvent, ces systèmes innovants en appellent d’autres. C’est le cas notamment de l’imprimante 3D, inventée pour la petite histoire en Lorraine à Nancy et reprise ensuite par les Etats-Unis. Ce nouveau procédé va conduire à de nouvelles applications comme les bio-imprimantes 3D qui pourront fabriquer des tissus greffables grâce à la projection de cellules embryonnaires dans une sorte d’encre à base de milieu nutritif et ainsi révolutionner la médecine régénérative.»

Pour catalyser ces systèmes innovants, estime Joël de Rosnay,certaines conditions doivent être remplies. A commencer par des lieux appropriés qui vont faire émerger les innovations et les relier entre elles. «Il peut s’agit de lieux ex-ternes comme les incubateurs, les pépinières ou les technopôles. Ces lieux peuvent également être développés en interne comme les intraprises qui donnent les moyens aux collaborateurs et salariés de se comporter comme de véritables entrepreneurs au sein de leur entreprise. Google a ainsi lancé son programme Blue Sky où les employés peuvent disposer de 20% de leur temps salarial pour rêver, développer des idées ou conduire leur projet personnel. Grâce à ce programme, l’entreprise a pu lancer 47 nouveaux produits dans les trois dernières années.»

Favoriser la transversalité

La culture d’entreprise vis-à-vis de l’innovation et les méthodes de travail doivent également changer. «L’innovation est encore trop sou-vent considérée comme un processus linéaire et causaliste. Or celle-ci ne se programme pas ni ne se décrète,elle naît de rencontres, de discussions et de partages. Il ne faut pas non plus l’enfermer. Ainsi, je ne suis pas persuadé que créer une structure verticale comme un département de l’innovation avec, à sa tête, un directeur soit le meilleur moyen d’innover. Il faut, au contraire, favoriser la transversalité, mettre en place des groupes de travail multidisciplinaires avec des personnes de culture et d’horizon différents comme des scientifiques, des technologues, des économistes, voire des artistes.» Innover par la multidisciplinarité serait-elle la clé de la croissance? Frédéric Schnur, un des participants au débat, en est convaincu. Lors du dernier marathon des données (Hackathon) organisé en octobre dernier à Metzpar son association «Grand Est Numérique», 50 participants aux profils très variés sont parvenus, en 48 heures à peine, à créer une dizaine de projets novateurs en mixant des données dont les croisements n’ont pas encore été imaginés.

Joël de Rosnay, une personnalité atypique

Né en 1937, Joël de Rosnay est une personnalité atypique dans le paysage scientifique français. Biologiste spécialiste des origines du vivant, prospectiviste et écrivain,ce descendant de planteurs de l’île Maurice a enseigné la bio-chimie et l’informatique aux Etats-Unis au Massachussets Institute of Techno-logy (MIT) avant de rejoindre l’Institut Pasteur à Paris. Depuis 2002, il est conseiller de la présidence de la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette.

En plus de ces activités,ce sémillant septuagénaire est président exécutif de Biotics International, une société de conseil stratégique en matière de nouvelles technologies, d’approche systémique appliquée à la prospective et  à l’éducation dans les secteurs de l’Internet et des biotechnologies. C’est également un sportif confirmé: il fait partie des «tontons surfeurs», les pionniers du surf en France.

Pour Joël de Rosnay l'innovation naît de rencontres, de contacts et de partages.

 

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Joël de Rosnay, créateur en 1964 du Surf Club de France, soutient la Surfrider Foundation en lui reversant l'intégralité de ses bénéfices sur la vente des t-shirts Surf Club de France
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